Stress
Le mauvais stress, c’est quand on ne peut pas s’adapter : agir ou se noyer ?
Dominique Servant, psychiatre en France, sur la différence entre le stress utile et le stress nocif, et pourquoi la réponse est une petite action, pas de tenir bon coûte que coûte.
Lecture courte1h Protocols · 30 octobre 2026 · 3 min de lecture
Dans une séance de questions-réponses de 2022 pour la chaîne française Brut, Dominique Servant, psychiatre au CHU de Lille, a répondu une par une aux questions des internautes sur le stress. Une internaute prénommée Clara a demandé comment distinguer le mauvais stress du bon stress. La réponse n’a pas pris la forme d’un niveau ni d’une liste de signes. Il y a une bonne façon de réagir au stress, par l’action, qui est une bonne façon de s’adapter et de faire face à différentes situations. Et il y a une autre façon : être submergé, ne pas agir, lutter un peu contre soi-même. Puis est venue une phrase.
« le mauvais stress, c'est lorsque nous ne pouvons pas nous adapter »
Dominique Servant, Brut, 2022
La différence, c’est ce que vous en faites
La phrase de Servant déplace la question : de la quantité de stress que vous ressentez vers ce qui se passe ensuite. Une demande lourde à laquelle vous pouvez répondre par une action, c’est une chose. La même demande, quand vous ne trouvez aucun geste à faire, se transforme en sensation de noyade, et en cette attitude que Servant décrit comme le fait d’agir contre soi-même et contre son équilibre.
Un peu plus tôt dans la même vidéo, en répondant à la question de ce qui cause le stress, Servant a souligné autre chose qui mérite d’être entendu : c’est souvent l’accumulation des stress, petits et grands, au travail, à la maison et dans l’inquiétude pour les personnes que nous aimons, qui mène à une sensation de stress permanent.
Ce que cela ne veut pas dire
L’action dont parle Servant n’est donc pas d’en faire plus, plus vite. Lors d’une journée surchargée, l’action qui aide est en général une décision sur la charge : quoi faire maintenant, ce qui peut attendre, ce qui peut aller à quelqu’un d’autre. Et « abandonner » doit être dit, pas fait en silence. Dans une étude qui a suivi des salariés pendant deux mois, essayer de réduire ses demandes par soi-même ne changeait pas les demandes (Tims, Bakker and Derks, 2013). Seul le résumé de cette étude est disponible.
Le lien avec le programme Gérer le Stress du Quotidien
Le 1h Protocol pour Gérer le Stress du Quotidien fonctionne dans le sens de la réponse de Servant : il ne vous demande pas de vous détendre pour vous en sortir, il vous donne des gestes. Le chapitre 2 met votre charge sur une seule page avec cinq marques, où « abandonner » veut dire le dire ouvertement ou le convenir. Le chapitre 6 est pour le moment où tout arrive en même temps, avec un tri en accéléré : une expiration lente comme petit frein, puis écrire ce qui arrive, choisir la seule chose qui compte maintenant et donner un quand au reste. Le programme porte sur le stress du quotidien lié à la charge du travail, de la maison et de l’aide aux proches. Il ne s’adresse pas au burn-out, aux troubles anxieux, à la dépression ni aux traumatismes. Le premier chapitre est gratuit et trouve votre profil de stress.
Source : Brut, Tout savoir sur le stress et comment y faire face, avec Dominique Servant, 12 oct. 2022 Recherche : NIOSH, Stress at work · gesund.bund.de, Stress · Sonnentag, 2018 · Tims, Bakker and Derks, 2013